Nouveau microscope et retour sur les identifications

Récemment j’ai reçu un nouveau microscope électronique et j’en ai profité pour revoir les échantillons que j’ai déjà observés. J’ai fait quelques erreurs d’identifications. Un manque de connaissances, d’expérience, une observation très superficielle et un matériel inadapté se sont alliés pour que je confonde des algues finalement très semblables en apparence. Je suis plus certain de mes nouvelles conclusions, mais il n’est pas impossible que cela change à nouveau.

J’ai tout d’abord décidé de ré-observer trois algues filamenteuses vertes pour les comparer. La première m’a été envoyée par Amandine de mon groupe Facebook, identifiée comme Rhizoclonium (voir la grosse boule d’algues), la deuxième vient de mon propre aquarium, identifiée comme Microspora (voir les algues de mes bacs) et la troisième m’a été envoyée par le blogueur Mattier, issue de son aquarium à algues (voir son billet) que je n’avais pas encore bien observé. Mises dans le même récipient, je n’ai pas sur faire la différence entre mon algue et celle d’Amandine, celle de Mattier est plus jaune et semble plus irrégulière.

Au microscope, c’est la surprise, c’est la même algue! L’algue de Mattier se distingue toujours des deux autres par sa couleur, mais on peut clairement l’identifier à Oedogonium grâce à certaines cellules rondes. Ce sont des oocystes, cellules contenant l’oosphère, le gamète femelle. J’ai eu beaucoup de mal à trouver cet organe reproducteur, seul élément permettant d’identifier cette algue autrement assez lisse. Il m’a fallu passer au peigne fin l’assez gros échantillon envoyé par Mattier, son algue semble se reproduire essentiellement de manière végétative.

Les longs filaments de Mattier.
Au centre, un oocyste accroché au bout d’un filament cassé.

Les filaments à moi produisent aussi des cellules reproductrices identiques, cela élimine donc ma première identification (à savoir Microspora… qui comme son nom l’indique à de petites spores). Mais qu’en est il des éléments en forme de H que j’avais observé? Hé bien il y en a quelques-uns, mais ce sont juste des cellules d’Oedogonium cassées et vidées de leur contenu, parfois froissées, pas de pièces solides en H bien identifiables, la mauvaise qualité de l’image avec le microscope utilisé précédemment m’a joué des tours.

Sur cette image on peut tout aussi bien voir la cellule reproductrice, un bout de cellule vide pouvant faire penser à Microspora et une autre cellule vide complètement froissée.

L’algue d’Amandine contient aussi de grosses cellules, j’ai pu en photographier une isolée.

Oocyste en bout de filament.

Un affreux doute m’a alors pris. Et si ce que j’avais identifié comme Tribonema n’en était pas. Je me rends compte que sr les vieilles photos, on voyait déjà les grosses cellules caractéristiques. C’était donc bien la même algue, que ce soit la pelote de fils ou les poils sur les plantes. Mais alors pourquoi j’ai pensé à Tribonema? Déjà pour la même raison que Microspora, des morceaux de cellules brisées pouvaient faire penser aux parois cellulaires caractéristiques de ces deux genres. Mais la couleur était aussi d’un vert plus pâle, ce qui n’est bien sur par un critère fiable pour distinguer les algues vertes des algues jaune vertes, mais a contribué à mon erreur. Un test au Lugol permet de montrer la richesse en amidon de ces oosphères, ce qui exclu définitivement Tribonema, car les xanthophytes ne produisent pas d’amidon.

Même à faible grossissement les cellules reproductrices sont visibles.
A plus fort grossissement, on les reconnait encore mieux.
Un test au lugol met évidence l’amidon.

Oedogonium possède de nombreuses espèces, réputées très difficiles à identifier formellement. Il est possible également de séparer ce genre en trois groupes. Les Oedogonium qui portent des anthéridies (cellules mâles) sur le même filament que l’oocystes (dioïques), ceux qui les portent sur des filaments séparés (monoïque) et ceux avec des filaments « mâles nains » poussant en épiphyte sur le filament femelle. Le problème est qu’il est très difficile d’obtenir des filaments fertiles en culture. J’ai longtemps observé les échantillons et je n’ai observé sur aucun filament ni les cellules courtes caractéristiques des anthéridies, ni de filament mâle nain.

Néanmoins il serait possible de relier la largeur des filaments de chaque espèce à la concentration en phosphore, et donc en nutriments de l’eau. Les espèces les plus fines (comme la notre) seraient caractéristiques des rivières pauvres en nutriment. Cette hypothèse est encore à vérifier à l’échelle globale, elle n’a encore été testée que dans le réseau fluvial norvégien.

Identification de quelques algues rouges

En attendant de recevoir quelques lettres contenant des échantillons d’algues je vais revenir sur quelques identifications que j’ai faites dans le passé où sur d’autres supports que ce blog. Après avoir fini l’article, je me suis rendu compte que toutes ces algues étaient des algues rouges, appartenant au taxon des Rhodophytes comme les algues nori.

Une algue encroûtante rouge

Commençons par cette belle algue rouge orbiculaire qu’un membre du PiNC a trouvé sur des cailloux, dans le bassin du Rhône. D’aspect granuleuses et visqueuse elle recouvre entièrement les cailloux et dans l’aquarium elle a fini par migrer sur les vitres. Rare en aquariophilie, cette algue n’est néanmoins pas inconnue. Elle apparaît généralement lorsque des pierres ramassées dans la nature sont introduites dans l’aquarium. J’en avais justement observé dans un aquarium à piranhas à la Porte Dorée.

L’algue a été introduite sur des galets.

J’ai reçu par la poste voilà un an un de ces cailloux. Je l’ai toujours, l’algue est toujours dessus, mais elle n’a pas encore migré sur d’autres supports ce qui aurait permis de l’observer au microscope (la pierre n’est pas assez plate pour cela). Je signale que les deux photos précédentes sont trompeuses, l’algue a vraiment une couleur lie de vin. Ma photo prise à la Porte Dorée sera plus fidèle.

Une belle croûte lie-de-vin dans le bac des piranhas à l’aquarium de la Porte Dorée.

Des algues rouges (rhodophyte) encroûtantes en eau douce, il n’y en a pas des masses et deux hypothèses se sont présentées: Hildenbrandia ou Pneophyllum. Ce dernier a été écarté car notre spécimen n’a aucun relief au toucher alors que, proche des algues corallines d’eau de mer, Pneophyllum devrait produire des bourrelets calcaires et virer au rose.

Reste alors le genre Hildenbrandia dont l’espèce H. rivularis est courante dans les régions tempérées. Si l’algue est observée dans un bac d’eau chaude où si elle apparaît sur des pierres prises dans des rivières au climat plus chaud que le nôtre, H. angolensis (signalée notamment en Espagne).  Ces espèces sont d’abord filamenteuses mais poussent couchées sur le substrat de telle sorte que les filaments fusionnent pour recouvrir entièrement ce dernier. Elles ne sont pas connues pour poser de problèmes en aquariophilie et sont plutôt décoratives. Elle aime les eaux courantes, oxygénées, chaudes, riches en calcium et un pH neutre à basique. Elle semble néanmoins se plaire aussi sans courant.

Je remercie Thomas Burel du groupe Facebook Quelle est cette algue? pour son aide dans cette identification.

La deuxième algue du jour nous vient du forum Aquachange. Elle est assez commune et apparaît sous la forme de gros poils raides et noirs poussant sur les feuilles de plantes directement soumises au rejet des filtres. Un aquariophile dont les Vallisneria et les Ceratophyllum se couvraient de ses petites griffes noires m’en a envoyé un échantillon il y a aussi un an.

Une algue sombre épiphyte.

Au toucher l’algue est caoutchouteuse, au microscope on découvre des filaments noduleux accrochés à la plante par un crampon de petits filaments courts et fins. Je l’avais identifié comme Compsopogon cearuleus sans être convaincu à 100%.

Des filaments supportés par des crampons duveteux.

Récemment mes soupçons m’ont fait relire tous les documents que j’avais à ma disposition. En effet Compsopogon caeluleus est bien connu des aquariophiles sous le nom d’algue en cornes de cerf dont j’avais parlé dans cet autre article (lien). Les algues en corne de cerf peuvent former des buissons de grande taille avec des filaments de près de 2mm de diamètre, difficile d’en rapprocher avec certitude ces petits filaments non ramifiés avec certitude.

Compsopogon caeruleus poussant sur une feuille.

Une autre hypothèse a commencé à germer. Lemanea est une autre algue « rouge » qui pousse sous la forme de filaments non ramifiés, noduleux attachés à son substrat par un crampon de cellules duveteuses, le stade Chantransia et poussant dans les rivières à fort courant. Lemanea est en outre annuelle et on pourrait s’attendre à ce que les filaments apparaissent et disparaissent au gré des saisons… Ce qui est exactement ce que l’aquariophile observe dans son bac. Mais un problème de taille se pose puisque toutes les espèces connues de Lemanea forment de longs filaments dépassant aisément les 10cm.

Depuis je suis tombé sur la description de spécimens très semblable aux miens identifiés par erreur comme Lemanea puis redécrits comme Compsopogon. Aujourd’hui le genre Compsopogon n’admet qu’une seule espèce, très polymorphe et ma première identification était donc exacte.

Compsopogon tenellus extrait de Shao-Lun Liu et Wei-Lung Wang 2003.

On reste sur les rhodophytes avec cette algue rouge poussant sur une souche de palétuvier, présentée sur mon groupe Facebook d’aquariophilie naturelle. Elle se présente sous la forme de longs et épais filaments semblables à des cure-pipes bordeaux.

Une racine envahie d’excroissances pourpres.

Celle-ci, pas besoin de microscope pour l’identifier autant que je le peux. Thorea hispida est une algue rarissime en aquariophilie, mais recherchée par les aquascapeurs. D’autres espèces proches existent, mais elles sont beaucoup plus rares et je n’ai pas encore le coup d’œil et les connaissances pour faire la différence. Il se trouve d’ailleurs que j’ai déjà croisé cette algue à l’aquarium de la Porte Dorée, accrochée au silicone du bac des piranhas.

Les piranhas ne semblent pas intéressée par cette algue ressemblant pourtant à un ver.

C’est une espèce difficile à observer dans la nature mais paraîtrait-il très courante. Elle apprécie les rivières à l’eau riche et trouble, ce qui explique qu’elle soit peu observée. J’ai reçu par la poste une partie de ces filaments suite à la rupture d’un joint contenant la racine colonisée. Les les ai collés au cyanoacrylate sur une branche de saule tortueux et je tente d’en faire la culture. Sans grand succès d’ailleurs puisqu’une partie de l’algue a été dévorée par mes Taïa naticoïdes.

Bientôt des lianes rouges dans ma petite jungle immergée?

Les rhodophytes sont rares en eau douce, mais sont nombreux en eau de mer. On les trouve généralement à des profondeurs où il n’y a plus assez de lumière pour les algues vertes. Les pigments auxiliaires qui leur donnent cette couleur chaude leur permettent de tirer profit d’une lumière plus faible et d’un spectre décalé vers le bleu. En eau douce on les trouve essentiellement dans les milieux ombragés où ils ont appris à jouer avec leur pigments pour prendre toutes les teintes du rouge au vert en passant par le bleu et le gris et tirer profit du moindre rayon de soleil.

Une algue parasitant les crevettes

Pour identifier correctement les algues que l’on m’envoie, je fais beaucoup de recherche documentaire, et je suis tombé sur un article japonais décrivant l’algue Cladogonium ogishimae parasitant une crevette Neocaridina denticulata. L’abstract est en anglais mais l’article est malheureusement en japonais, et je ne le parle pas. Heureusement, un autre article entièrement en anglais décrit la même algue parasitant une crevette du genre Macrobrachium.

Pourquoi je vous parle de cette horreur? Hé bien déjà parce que c’est mon blog et que je vous enquiquine, mais surtout parce que cette algue menace nos crevettes!

En effet, voilà déjà plusieurs années que l’on voit des photos de crevettes portant d’étranges excroissances vertes sur les pléopodes. Avec le temps, l’identité  présumée de ces parasites a évolué. On a d’abord pensé que c’était un champignon, puis ça a été identifié comme un protozoaire ellobiopsidae. Le problème est que les ellobiopsidés sont unicellulaires et très petits et l’anatomie ne semble pas concorder. Par contre cela colle bien avec l’algue observée par les Japonais.

Photos extraites de Kazuyo Matsuyama-Serisawa et al.

Chose étonnante, cette algue ne fait pas de photosynthèse. À la différence des autres algues elle ne possède pas de chlorophylle et n’a pas de réserves d’énergie sous forme d’amidon. Le reste de son anatomie est par contre typique des algues filamenteuses de l’ordre  des cladophorales. Mais alors, pourquoi c’est vert s’il n’y a pas de chlorophylle? Parce que bien que l’algue filamenteuse ne soit pas photosynthétique, les zoospores le sont. Ce sont ces zoospores, mobiles qui iront infecter de nouvelles crevettes.

Je n’ai (heureusement) aucun cas de Cladogonium ogishimae dans mon élevage, mais si l’occasion d’observer cette algue au microscope se présente je vous en verrais profiter.

Savoir que ce parasite est une algue verte et non un protiste ellobiopsidae est important, car cela permettra peut-être à l’avenir de trouver un traitement ciblé, efficace et bien sur, non toxique pour l’hôte.

N’hésitez pas à partager cet article. Si vous vous baladez sur des groupes anglophones, sachez que j’ai fait une version en anglais disponible ici.

Références:

Identification de mes algues à moi!

Mise à jour du 05/02/2018: Suite à l’achat d’un microscope numérique d’une bonne qualité, d’un peu d’aide extérieure et plusieurs heures de lecture et de comparaison, les identifications faites dans cet article ce sont révélées complètement caduques. Pour plus d’information, lisez mon dernier billet

Après avoir identifié les algues que l’on m’a envoyé par la poste, il serait peut-être bien que j’identifie les algues qui poussent dans mes propres aquariums!

Commençons par le plus évident, par l’algue que j’ai introduit moi-même dans le bac. Une racine de palétuvier est complètement recouverte d’une épaisse toison algale. C’est de la Marimo (Aegagropila linnaei). J’en avais deux boules qui avaient grossi au point que je ne savais pas quoi en faire, je les ai finalement ouvertes, étendues sur la racine et ficelées avec du fils à coudre. Pas d’identification à faire ici, mais il sera toujours intéressant de l’observer. De même pour la Chara, un macro-algue verte, pour laquelle je devrais attendre qu’elle me fasse des zygotes pour l’identifier.

De petites mottes de filaments se sont formés dans les mousses, ils sont très fins et légèrement brillants, comme de la ouate de polyester. J’avais identifié une algue semblable comme Pithophora. Par-ci par-là on peut voir quelques filaments fins, verts, avec des embranchements en Y, je les soupçonne d’être des Rhizoclonium comme ceux que j’ai identifié dans l’article précédent, bien qu’ils ne se présentent pas en grosses mottes. À certains endroits on peut voir de rares filaments ramifiés comme une feuille de fougère, ce sont des thalles de Cladophora glomerata.

La Marimo recouvre une racine, mais on peut aussi voir une algue filamenteuse plus longue se tordre devant son ombre.

Les feuilles rouges de ma Ludwigia repens « rubin » et les thalles de ma flame moss sont couvertes de petits poils raides et fins. Ce sont sans doutes des Tribonema Oedogonium. Pour finir, il y a de petites touffes de poils bruns et soyeux appelés algues pinceaux (ou black beard algae dans la langue de Shakespeare). Ce sont soit des Audouinella, soit le stade Chantransia de batrachospermales.

L’algue pinceau se devine en violet. Devant elle à gauche on voit de fins filaments verts brillants et tortueux.

Sortons le microscope et observons! Commençons par la Marimo dont je vais arracher une petite touffe. Rien de nouveau chez cette algue, je vous partage une image prise il y a quelques temps déjà. De même pour la Cladophora glomerata.

Aegagropila linnaei, la Marimo.
Cladophora glomerata.

La deuxième algue que j’ai regardé au microscope a été la Tribonema l’Oedogonium et je confirme l’identification [raté]. J’ai d’ailleurs réussi à faire une photo avec un grossissement supérieur où l’on voit beaucoup mieux la paroi cellulaire en H. [Ce sont juste des cellules vides]

Un bout de brin de Tribonema.

Puis je me suis tourné vers les petites pelotes de filaments très fins que j’avais pris pour des Pithophora. Au microscope je ne retrouve pas les akinètes caractéristiques de Pithophora, à la place j’ai un filament très lisse avec des cellules assez courtes.

De petites cellules? Pas d’akinètes?

En remontant un des filaments je suis arrivé à un fragment cassé et là surprise, une paroi cellulaire en H! Alors, on a deux fois Tribonema dans des formes différentes? Que neni, le vert plus franc, le filament long et flexible et les cellules courtes m’orientent plutôt vers Microspora, une algue très semblables, mais une véritable algue verte pour le coup. [Raté, c’est encore Oedogonium!]Décidément, j’ai du mal à retomber sur ma Pithophora!

La Microspora aussi a des parois cellulaires en H.

J’ai finalement jeté un œil à l’algue en pinceaux. Sans surprises, ce sont de longs filaments rosés… Mais ils sont lisses, on ne voit aucun organe reproducteur. Ce n’est donc pas une Audouinella mais le stade Chantransia d’une algue rouge, sans doutes Batrachospermum. Je ne sais pas si toutes les algues pinceaux en aquarium sont des Chantransia, mais c’est la deuxième fois que j’en observe au microscope et que j’arrive à cette identification. De plus, l’aquariophile Jerome Entwisle a fait analyser les algues poussant dans son bac à piranhas en labo et ils ont été identifiés comme la forme diploïde de Batrachospermum macrosporum. Il faudra que j’observe plus d’échantillons pour en faire une généralité.
MàJ: la longueur des cellules et la couleur du filament penche plutôt pour Audouinella plus qu’un stade Chantransia. Ici sans doutes Audouinella hermannii, une espèce très courante dans la nature et identifiée en aquarium. Chantransia est macroscopiquement identique mais d’une teinte bleu verte à vert grisâtre.

Une touffe de fils lisses.
Pas d’organes reproducteurs visibles.
Même à fort grossissement.

En cherchant bien, j’ai trouvé quelques pelotes non pas vertes, mais presque blanches sur ma racine. Par acquit de conscience j’en ai prélevé une pour l’observer. Je m’attendais à voir à nouveau de la Microspora, mais cette fois colorée par les tanins de la racine. Qu’elle n’a pas été ma surprise en découvrant que c’était… Une Audouinella! Ici on peut clairement voir les bouquets de carposporanges. La couleur n’a donc rien à voir avec le support sur laquelle elle pousse. Est-ce la contrepartie diploïde de l’algue vue juste au-dessus? J’en doute, les deux formes d’Audouinella doivent normalement cohabiter dans la même touffe, car les spores des algues rouges, dépourvues de flagelles, voyagent mal.
MàJ: c’est probablement la même espèce que plus haut, mais avec plus de tetrasporophytes.

On peut remarquer sur la racine du fond une pelote d’algues grisâtre.
Des bouquets de carposporanges partout!

Passons aux algues filamenteuses qui se baladent çà et là qui auraient pu être des Rhizoclonium. Et bien que nenni, les filaments ne sont pas lisses en raisons des cellules de diamètre dissemblable et on voit des cicatrices de croissances sur celles-ci. Ce sont donc des Oedogonium, j’ai même observé des cellules en train de former une oospore.

L’image n’est pas top, nottament en raison des nombreuses algues microscopiques épiphytes sur le filament.
Ces cellules viennent de se reproduire sexuellement et sont en train de former une oospore.

Vous trouvez l’article long? Moi aussi, mais je suis frustré de ne pas avoir retrouvé ma Pithophora. Mais c’est probablement parce que j’avais mal identifié une autre algue autrefois, quand je n’avais pas de microscope sous la main.

La plupart de ces algues vont très vite disparaître. Elles apparaissent régulièrement dans mon aquarium lorsque je laisse trop pousser mes plantes, puis disparaissent peu après le jardinage. Lorsqu’il y a trop de plantes, les algues semblent d’adapter plus facilement que ces dernières à l’absence de nutriments.

Identification d’une grosse boule d’algues!

Mise à jour du 05/02/2018: Suite à l’achat d’un microscope numérique d’une bonne qualité, d’un peu d’aide extérieure et plusieurs heures de lecture et de comparaison, les identifications faites dans cet article ce sont révélées complètement caduques. Pour plus d’information, lisez mon dernier billet.

Les algues en eau douce, ça fait peur. Mais la peur vient généralement de l’ignorance. Voila un moment que je cherche à désacraliser le sujet des algues en aquariophilie en les étudiant et en les identifiant, car derrière des termes fourre-tout comme « algue filamenteuse » se cachent plusieurs espèces différentes. En mettant un nom dessus, on apprendra peut-être en accepter certaines, et pour celles qui sont définitivement nuisibles, on sera peut-être capables de leur trouver une parade efficace.

Une belle touffe d’algues qui étouffe la Fissidens fontanus.

Un membre du groupe Facebook que j’administre a publié les photos des algues qui sévissent dans son aquarium. J’en ai profité pour lui demander un échantillon qui est rapidement arrivé dans ma boite aux lettres. J’avais néanmoins fait une petite identification pifométrique à partir des photos car l’algue filamenteuse m’a fait penser aux Pithophora que j’ai déjà observé dans mes propres bacs.

Les algues prêtes à partir.

L’échantillon déballé, on remarque facilement qu’il y a au moins trois espèces d’algues différentes. La première se reconnait aisément à l’œil nu par ses épais filaments d’un bleu gris, branchus et de diamètre variable. C’est une macroalgue rouge connue chez les aquariophiles sous le nom de cornes de cerf (staghorn pour les mangeurs de burgers et rosbif) et sous le nom de Compsopogon caeruleus. Elle est présente en quantité limitée dans l’échantillon et a sans doutes servi d’ancrage à la masse de filaments verts.

Compsopogon caeruleus poussant sur une feuille.

La deuxième espèce ne pousse que sur les thalles de Riccia et Fissidens arrivés avec l’échantillon. Elle se présente sous la forme de poils raides, courts et perpendiculaire au support sur lequel elles poussent. Ce genre d’algues sont souvent identifiées (à tort) comme Oedogonium à cause du site ivanov.ch qui les présente comme telles. Je n’ai aucune idée de leur identité, ce sera l’occasion de découvrir.

Des petits poils verts poussent sur la Riccia fluitans.

La troisième espèce est bien entendu la filamenteuse qui occupe une grande partie de l’échantillon. Les filaments ne sont pas franchement branchus (ce qui élimine Cladophora), lisses (ce qui élimine Oedogonium) et non glissants (ce qui élimine toutes les  zygnematacées comme Spirogyra). En raison de l’aspect et de la texture de coton mouillé de l’algue, je penche quand même pour un cladophorale, probablement Pithophora encore une fois ou peut-être Rhizoclonium, car je commence à avoir de sacrés doutes sur la première option.

Je commence par filmer de petits échantillons avec  mon « microscope numérique », un jouet acheté en brocante que j’ai réussi à brancher au PC. Les images sont floues et ne permettent pas d’identifier clairement les deux algues vertes. Je passe alors au microscope optique, la vue est parfaite mais la seule façon que j’ai trouvée pour vous les partager a été de coller ma webcam à l’oculaire du microscope. L’image est très dégradée, il faut donc imaginer certains détails que je voyais clairement à l’œil.

Les gros filaments (rosâtres ici) de l’algue en cornes de cerf.

MàJ: Il s’agit d’Oedogonium, reconnaissable à ses oocystes.  [L’identification des poils épiphyte ne se fait pas attendre. Certains filaments, cassés, révèlent des parois cellulaires fines,  en deux pièces et en forme de H. C’est une algue du genre Tribonema et surprise! Ce n’est pas une algue verte, mais une algue « jaune-verte » ou Xanthophycée. Elle appartient donc à la lignée brune, plus proche des algues brunes et rouges que des algues vertes. Il est probable que ce ne soit pas la seule algue à pousser en épiphyte que les plantes, d’autres seront sans doutes à identifier.]

Les filaments de Tribonema Oedogonium cassés se terminent par une demi-cellule vide.

MàJ: ici c’est la même algue, une Oedogonium. [L’identification de l’algue filamenteuse a été à la fois plus longue et plus facile. Les filaments sont très longs, non branchus et lisses. Pithophora caractérisé par de nombreuses et larges akinètes noires (des réserves de nutriments) est écarté. En remontant les filaments j’ai trouvé des segments ou l’algue fait un coude et à ce même endroit se situe un rhizoïde. Cette structure est assez caractéristique de Rhizoclonium. J’ai également trouvé de petites sphères poussant au bout de certains filaments. Peut-être une sorte d’akinète ou un organe reproducteur.]

De longs filaments verts et lisses…
… Parfois coudés avec un rhizoïde…

Alors, quelle analyse puis-je tenter de faire après cette série d’identifications? Rhizoclonium Oedogonium est, comme beaucoup d’algues vertes, une opportuniste ayant les mêmes besoins que les plantes qui profitent de la faiblesse des plantes pour s’installer. Un brossage régulier et une bonne santé des plantes devraient permettre de s’en débarrasser sur le long terme. Tribonema Oedogonium pousse aussi sur les plantes lorsque celles-ci sont soumises à une lumière trop intense pour leurs besoins, j’aurais donc tamisé l’éclairage. La présence de Compsopogon est plus coton à interpréter. Elle a peut-être poussé dans l’Oedogonium Rhizoclonium, profitant de la lumière que cette dernière a filtré et appauvri. Peut-être aussi que l’éclairage de l’aquarium est trop décalé dans le bleu [c’est le cas, problème récurent des rampes Chihiro], ce qui profite autant à Compsopogon qu’à Tribonema et sa chlorophylle boostée aux caroténoïdes.

Un malabar dans mon aquarium!

Certains aquariophiles arrivent paniqués sur les forums et les groupes Facebook parce que leur sol est colonisé par des tâches d’un vert fluo, voir pire, du rose ou du violet flashy!

Le diagnostique généralement donné à ces personnes est assez négatif, ils auraient des cyanobactéries! Si vous êtes aquariophile, vous avez sans doute eu un frisson rien qu’en entendant ce mot. Rassurez vous aucune cyanobactérie ne peut survivre dans les profondeur de votre substrat et cela pour deux raisons. La première est qu’il y fait vachement sombre, trop sombre pour faire de la photosynthèse classique. La deuxième c’est qu’il n’y a que peu ou pas d’oxygène passé les premiers milimètres de sable, seuls peuvent y survivre les organismes anaérobies strictes ou aérotolérants.

Une colonie de bactéries vertes non sulfureuses surmontant une colonie de bactéries pourpres à droite de l’image, dans le sable. Deux autres colonies de bactéries pourpres sont visibles à gauche, toujours dans le sable. Anaïs Fabret tous droits réservés.

Ce sont des bactéries aérobies dites vertes ou pourpres, sulfureuses ou non sulfureuses. Ces bactéries sont capables de faire de la photosynthèse mais en utilisant très peu de lumière, c’est pour ça que l’on peut en trouver dans le fond des lacs… Ou sous le sable des aquariums. Elles poussent lentement mais sont extrêmement efficaces, capables de tirer profit d’un seul photon par jour (!!!). Leur couleur est due à la présence de bactériochlorophylle, une molécule proche de la chlorophylle mais fonctionnant sans oxygène, mais aussi à des caroténoïdes qui permet à la bactériochlorophylle de fonctionner avec moins de lumière, ou de la lumière de nature différente. Ainsi certaines bactéries pourpres du fond océanique font de la photosynthèse dans le noir absolut en absorbant les rayons infrarouges émis par les fumeurs noirs.

Un patchwork de bactéries vertes et rouges dans une colonne de Vinogradsky. Crédit: kOchstudiO

La suite sera un peu coton pour les chimiophobes, alors tl;dr: c’est pas dangereux, c’est même utile!

Comme les plantes et cyanobactéries, elles fixent le CO2 pour produire des sucres mais au lieu d’utiliser de l’eau (H2O) comme donneur d’électrons et relâcher du dioxygène (O2), un poison violent pour leur écosystème elles utilisent de l’hydrogène sulfuré (H2S) ou plus rarement du thiosulfate (S2O32-) pour les bactéries sulfureuses ou du dihydrogène (H2) pour les bactéries non sulfureuses ou plus rarement des molécules organiques, des ions métalliques ou des nitrites. Elles relâchent essentiellement du soufre élémentaire (S) ou des électrons dans leur environnement.

Des bactéries vertes non sulfureuses. Amandine Rossignol tous droits réservés.

Elles transforment donc des molécules toxiques pour les organismes aérobies (H2S) en soufre élémentaire. Ce soufre est très rapidement oxydé en ion sulfate (H2SO42-). Cet ion va réagir avec le premier métal de transition qu’il va croiser dans l’eau, généralement du fer, pour former du sulfate ferrique. Celui-ci étant insoluble dans l’eau, il va immédiatement précipiter sur le décor, les vitres et la coquille des Melanoïdes. Si vous avez, au-dessus du sable, une trace brune le long de la vitre, vous avez probablement des bactéries sulfureuses dans votre substrat même si vous ne les voyez pas.

Ces traces sombres très coriaces ne sont pas des diatomées!

Alors d’accord, ce n’est pas dangereux et c’est même utile, mais qu’est-ce que cela dit sur votre bac? S’il n’y a pas de traces sombres le long des vitres, cela veut dire que le substrat est suffisamment aéré, assez riche en oxygène pour être toxique pour les bactéries sulfureuses, et surtout pour les bactéries anaérobies qui produisent l’hydrogène sulfuré dont elles vous débarrassent! Les bactéries vertes ou pourpres non sulfureuses elles supportent un faible taux d’oxygène et poussent quand même, colorant parfois le sable le long des vitres.

Des bactéries vertes non sulfureuses. Amandine Rossignol tous droits réservés.

Et si traces sombres il y a le long des vitres, pas de panique non plus. Une méthode efficace pour bien aérer et oxygéner un sol, c’est d’en diminuer la hauteur, d’avoir des escargots fouisseurs comme les Melanoïdes et des plantes à racines et rhizome traçant comme les Cryptocoryne ou les Hydrocotyle, ou encore des plantes dont la tige émerge hors de l’eau comme une grande Hygrophylla qui pompent activement de l’air dans le sol. Mais ce n’est pas toujours efficace et certains sols restent anaérobies malgré nos attentions. Ce n’est pas un problème si les traces sombres apparaissent lentement car aucun composé toxique n’est relâché dans l’eau et le sol fait correctement son travail de recyclage. Mais attention si les traces apparaissent brutalement, en quelques heures! Cela veut dire qu’une grande quantité de matière est en train d’être dégradée et que le sol manque cruellement d’oxygène. Les bactéries vertes et pourpres ne sont alors pas forcement en mesure de dégrader l’hydrogène sulfuré et l’eau peut prendre une odeur caractéristique d’œuf pourri! Il faut alors installer d’urgence une aération avant que l’aquarium ne soit totalement privé d’oxygène, mais dans un bac planté cela a très peu de chances d’arriver.

Des bactéries vertes non sulfureuses. Amandine Rossignol tous droits réservés.

Pourquoi est-ce que je vous parle de ces bactéries aujourd’hui? Parce qu’une petite bactérie que je n’avais pas vu depuis des années vient de montrer son nez le long de la vitre, une bactérie pourpre sulfureuse d’une belle couleur rose entourée d’une coquille de soufre solide qu’elle a sécrété en poussant. Sur la photo que j’ai prise, on peut facilement voir une bactérie verte non sulfureuse en vert vif, une autre bactérie verte ou pourpre, difficile à dire vu qu’elle est très sombre, ainsi que le petit malabar rose vif de la bactérie pourpre! Depuis des années la trace sombre du sulfate ferrique m’indique qu’il a bien des bactéries sulfureuses dans mon aquarium, mais c’est la première fois d’une colonie me fait coucou le long de la vitre!

Trois bactéries phototrophes pour le prix d’une avec même du soufre élémentaire!

Le discus, un poisson mal nourri?

Le discus (Symphysodon aequifasciatusdiscus et tarzoo) est l’un des poissons emblématiques du hobby aquariophile. Ces grandes galettes bariolées sont pourtant réservées à des aquariophiles confirmés tant leur maintenance est contraignante. Si je peux comprendre qu’ils demandent une eau particulière, très douce et chaude, je ne comprends pas comment ils peuvent être aussi sensibles aux maladies et aux parasites, ni pourquoi ils demandent une eau aussi « propre ». En effet, le basin amazonien n’est pas spécialement connu pour son eau cristalline, elle est toujours très chargée en matière organique et en tanins, notamment dans les petites rivières et les marais où l’on rencontre le discus. Je peux comprendre qu’un poisson de torrent de montagne demande une eau particulièrement propre mais de tels besoins pour un poisson de jungle humide échappent à ma compréhension.

Des discus en aquarium. Crédit: Paolo Neo.

Car oui, à ma connaissance le discus est LE poisson le plus difficile à maintenir.

Mais bon… Je n’ai jamais élevé de discus et mon interrogation n’est pas allée beaucoup plus loin. Après tout, c’est le poisson qui dicte ses besoins. Mais un commentaire laissé sous l’article consacré aux galettes du site SeriouslyFish m’a intrigué. La traduction est amateur et le message d’origine est écrit dans un anglais maladroit. J’ai essayé de garder les tournures de phrases d’origine pour ne pas en travestir le sens.

Un discus à l’Aquarium de la Porte Dorée, à Paris. Crédit: Thesupermat.

Par Sverting  le 5 février 2013 à 15:23

Alan, le régime que vous proposez, c’est des conneries 😉 (ndt: 70% de cœur de bœuf, 15% de morue, 10% de crevettes et 5% de petits pois). C’est étrange,  rarement personne ne pense aux conséquences d’une nourriture à base de viande d’animaux à sang chaud sur (la plupart) des poissons. Dans le cas des discus, les résultats d’un tel régime sont une croissance et une coloration exceptionnelles … Tout plus grand et mieux que dans la nature. Alors … ça a l’air étrange, n’est-ce pas? En Amazonie, où ils peuvent manger ce dont ils ont envie et ce dont ils ont besoin, ils sont plus petits, tout en n’étant  pas sous-alimentés.

Autre chose, dans son habitat naturel, le discus est une espèce plutôt rustique. Il arrive à éviter tout problème avec les parasites. Pourquoi donc?
Le régime alimentaire bien sûr! Parce que LE DISCUS EST UNE ESPÈCE PRINCIPALEMENT HERBIVORE!

Comment?! De quoi parlez-vous? Blasphème! Au bûcher!

Beaucoup de dissections de discus sauvages ont été faites. Pour les polonophones, je vous propose le lien suivant:

http://krytykaakwarystyczna.wordpress.com/zywienie-ryb-moze-wreszcie-niektorzy-zrozumieja-ze-czyli-czym-odzywiaja-sie-przedstawiciele-rodzaju-symphysodon-w-naturze/

Les aliments non digérés ont été analysés par Crampton. Verdict, à la saison des pluies, 77% de la nourriture était constituée de détritus et de végétaux, 5% de décapodes, 10% de larves de chironomes, 8% de matière ligneuse, d’insectes et de crustacés… A la saison sèche, l’équilibre dévie sur les insectes et les crustacés (seulement 55% de détritus / matière végétale).

Leurs intestins ne sont pas construits pour digérer la chair des animaux à sang chaud. Ils sont typiques d’un herbivore.

Quel est le BON RÉGIME?

  • de la spiruline;
  • de l’épinard;
  • des petits pois;
  • d’autres légumes;
  • des crevettes;
  • des larves de moustiques;
  • des vers de vase rouge;
  • du krill.

Aucune chair de poisson n’a jamais été trouvée dans l’estomac d’un discus sauvage.

Il n’est donc PAS RECOMMANDÉ de leur donner:

  • du poisson.

Et il NE FAUT PAS leur donner:

  • du coeur d’animaux à sang chaud;
  • toute autre partie d’un animal à sang chaud.

Cela les rend malades, désoriente leurs organes, surtout le foie. Un régime inapproprié est la raison pour laquelle le discus est considéré comme un poisson difficile à reproduire. C’est pourtant facile! Vous devez juste leur faire suivre un régime normal! Celui auquel ils étaient constamment exposés depuis des milliers d’années.


Je suis allé voir le lien qu’il propose. Je ne parle pas (et surtout je ne lis pas) le polonais bien que je connaisse quelques jurons dans cette langue, mais mon ami Google m’a aidé. Il s’agit d’un article de Dr. Marta Mierzeńska, diplômée de l’Université Jagellon de Cracovie et rédactrice de la revue Tanganika MAGAZYN et paru dans le blog Krytyka Akwarystyczna (Aquarium Critique/Sceptique en français).

Le périphyton, constitué d’algues, de champignons et de débris végétaux et la principale source de nourriture du discus lors de la saison des pluies. Photo prise dans la Sèvre Niortaise en France. Crédit: Lamiot.

Je ne vais pas vous faire l’affront de traduire l’article en entier puisque Sverting l’a déjà plutôt bien paraphrasé (et parce que c’est un peu illégal), je vous invite néanmoins à en lire la traduction automatique, parfaitement digeste. Et puis c’est sourcé, ce qui est bien.

Marta souligne la différence qu’il y entre le régime naturel d’un poisson et celui qui lui est administré en aquariophilie. Le second est généralement choisit pour que les poissons grandissent ou se reproduisent plus rapidement, mais qu’il n’est pas toujours sans conséquences. Et les aquariophiles ne sont pas à blâmer, ils ont rarement accès aux informations de terrain et font ce qu’ils peuvent de manière empirique.

Lors de la saison sèche, quand les algues poussent mal, le discus se tourne vers les larves de chironomes appelés vers de vase rouges. Crédit: Slimguy.

Doit-on coller aux traditions aquariophiles ou aux observations de terrain? Je vous invite fortement à en discuter dans les commentaires et à partager cet article auprès d’aquariophiles ayant beaucoup plus d’expérience que moi concernant les discus. Et si quelqu’un maintient déjà ses discus avec un régime « naturel », j’aimerais pouvoir discuter avec lui, de même tenez-moi au courant si vous souhaitez faire le test vous-même.

 

La patate douce, premier OGM

Vous connaissez sans doute la patate douce, ce tubercule qui revient petit à petit à la mode. Rose, orange ou violette, sucrée, salée, au four ou à la poêle, chaque variété et chaque culture ont leur recette. On peut même l’utiliser comme plante ornementale, comme filtre d’aquarium (sisi) ou en faire un carburant ! Son histoire est passionnante, et je vais vous la conter.

Différentes variétés de patates douces à Padangpanjang. Crédit: Ivan Atmanagara.

La patate douce (ou Ipomoea batatas) est une plante de la famille des Convolvulacées. La fleur, en forme de cône, et son port de plante grimpante ne sont pas sans rappeler les liserons, plantes très communes dans nos rues et jardins et faisant partie de la même famille. Mais ce qui différencie la patate douce de ses cousines, c’est son tubercule farineux. Si certaines Convolvulacées possèdent aussi des racines comestibles, seule Ipomoea batatas produit cette large racine ayant fait le tour du monde. Cette caractéristique est récente, on estime son apparition à il y a environ 8000 ans, époque à laquelle les Amériques étaient déjà habitées. Un battement de cil dans l’histoire du vivant.

Une patate douce en fleur à Hong Kong. Crédit: Earth100.

Que s’est-il donc passé il y a 8000 ans? Pour le savoir, il va falloir parler d’un autre acteur de l’histoire, l’agrobactérie ou Agrobacterium tumefaciens. Ce microbe est un pathogène des plantes, mais son moyen d’action est assez particulier. Les bactéries possèdent un unique chromosome circulaire qui contient l’essentiel de leur génome. Le reste est réparti sur de petits fragments d’ADN appelés plasmides. Ces plasmides peuvent être échangés entre bactéries ce qui permet à une mutation de se propager rapidement (c’est comme ça qu’apparaissent les souches multi-résistantes aux antibiotiques). L’agrobactérie possède un plasmide particulier qu’elle peut transmettre aux cellules végétales, qui modifie leur ADN en y insérant des gènes de la bactérie.

Des agrobactéries sur une cellule de carotte. Crédit: A. G. Matthysse, K. V. Holmes, R. H. G. Gurlitz.

Les cellules infectées vont alors se multiplier et former une tumeur, ou galle (pas grand-chose à voir avec nos tumeurs cancéreuses !), dont le but est de nourrir les bactéries. Les plantes sont généralement infectées au niveau des racines, mais pas au niveau des fleurs, la modification génétique est locale et n’est pas transmise à la descendance. C’est après avoir étudié cette bactérie et la patate douce que les premiers Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) ont vu le jour. Ils ont permis de mieux comprendre la génétique des plantes.

Tumeur sur une rose. Crédit: PaleCloudedWhite.

Il y a 8000 ans, un plant d’Ipomoea d’une espèce aujourd’hui disparue a été parasité par une agrobactérie. Par hasard, la modification génétique a été placée de telle sorte qu’elle ne gêne pas le développement de la plante. Comme d’habitude, la racine de l’Ipomoea s’est mise à produire beaucoup de cellules. Les cellules végétales pouvant facilement changer  de fonction, certaines cellules de la tumeur ont développé une tige, sur laquelle se sont formées des fleurs. Bref, la modification génétique s’est transmise à la génération suivante, sans aide de la bactérie. Depuis, chaque plan d’Ipomoea batatas forme un gros tubercule sucré et farineux, qui ne sert plus à nourrir une bactérie parasite mais à stocker des réserves d’énergie pour la plante. Les patates douces sont apparues.

Ipomoea trifida, l’espèce sauvage non tubéreuse la plus proche de la patate douce. Crédit: Barry Hammel.

3000 ans après commence la domestication de la plante, qui aura beaucoup de succès en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. Il faut dire que la plante est assez résistante, facile à cultiver, à multiplier, à cuisiner, et pour couronner le tout, toutes ses parties sont comestibles et riches en nutriments.

Dulce de batata au chocolat, un dessert traditionnel en Amérique du Sud. Crédit: Gveret Tered.

La patate douce a quitté le double continent américain au premier millénaire de notre ère pour s’installer en Polynésie, d’où elle s’exportera à Hawaï et en Nouvelle-Zélande puis en Asie du Sud-Est. Elle est importée en Chine à partir des Philippines en 1594 pour pallier de mauvaises récoltes. En 1735, on en consomme aussi au Japon et le Shogun en plante dans son jardin personnel. En 1764, c’est en Corée qu’elle s’installe. Elle est cultivée en Inde au moins depuis le XVIème siècle et on a longtemps cru qu’elle en était originaire, bien qu’elle n’y pousse pas à l’état sauvage. De là elle sera exportée en Afrique où elle est encore consommée.

Une pâtisserie japonaise à la patate douce. Crédit: Laitr Keiows.

Le tubercule transgénique n’arriva réellement en Europe qu’avec la découverte des Amériques par les Espagnols et est encore cultivée au Portugal. Dans les colonies qui deviendront les Etats-Unis d’Amérique la patate douce sera très appréciée, mais étant considérée comme un aliment de pauvre, elle sera remplacée par la pomme de terre. Elle est néanmoins cultivée pour produire des biocarburants.

Des frites de patate douce accompagnant un burger végétarien. Crédit: Bandita.

Aujourd’hui elle est surtout cultivée et consommée en Asie mais revient à la mode dans nos contrées. Elle est beaucoup cultivée en tant que plante ornementale, que vous avez sans doute vue dans les jardinières municipales. Les variétés à grandes feuilles en cœur vert fluo ou en trident pourpre fleurissent de nombreuses villes à la belle saison.

Ipomoea batatas ‘Sweet Caroline Red’. Crédit: David J. Stang.

Et puisque je parle pas mal d’aquariophilie sur ce blog, parlons d’une étrange pratique américaine. L’aquariophilie à la burger est très technique, beaucoup y maintiennent des poissons gigantesques, avec de puissants filtres. Avec la mode de l’aquascaping, les plantes font leur grand retour, mais rarement plus qu’une décoration supportée par des engrais et une injection de CO2… A l’exception de la patate douce ! Un certain nombre d’aquariophiles outre-Atlantique suspendent des tubercules à fleur d’eau pour que ceux-ci développent des racines et absorbent les nitrates irrémédiablement produits par le filtre. La méthode est réputée très efficace bien que je n’aie trouvé aucun chiffre l’appuyant. On sait également que les tiges de la plante peuvent être bouturées dans l’eau et qu’elles peuvent servir de plante en trempette, pratique devenue courante chez les aquariophiles français.

Une patate douce en aquarium. Crédit: Nicky Stedman, tous droits réservés.

ŌpaeʻUla: la crevette de l’extrème

En flânant dans la boutique d’un parc d’attraction comme le Futuroscope, ou sur internet, on peut tomber sur d’étranges sphères de verre scellées renfermant un peu de sable, un squelette de gorgone et quelques minuscules crevettes couleur de sang. Le vendeur dira que cette écosphère coûtant un bras n’a besoin que d’un peu de lumière pour fonctionner, la lumière amenant les algues, les algues nourrissant les crevettes dont les déjections nourrissent les algues. En gros, un cercle vertueux simulant un écosystème complet.

L’arnaque des écosphères

Et cela semble marcher! Pendant plusieurs années, l’innocent acheteur verra les crevettes rousses paître sur la gorgone et sur les vitres d’invisibles algues et animalcules puis quelque chose d’étrange va se passer. Comme tout les crustacés, les crevettes vont muer, mais au lieu de grandir elles vont devenir de plus en plus petites à chaque mue… Avant de disparaître.

Une Halocaridina rubra à coté une exuvie. Par Plantlady223.

Elles viennent de mourir de malnutrition, après deux à cinq ans de souffrance. De même que pour le célèbre poisson rouge (toute proportion gardée), l’extrême résistance de cet animal aux mauvaises conditions de maintenance a fait la richesse de commerciaux peu scrupuleux, sur le dos de clients pourtant bien attentionnés. On remarquera d’ailleurs que sur les dépliants fournis avec les boules et les sites de vente, le nom des crevettes est rarement cité, il manquerait plus que l’acheteur puisse se renseigner sur elle!

Une écosphère scellée.

L’ŌpaeʻUla, de son nom latin Halocaridina rubra est une créature passionnante et parfaitement adaptée à la vie en captivité dans de très petits contenants. On pourrait penser que la crevettes meurt de vieillesse et qu’elle est juste atteinte de l’équivalent crustacé de l’ostéoporose mais il n’en est rien. Bien que cinq ans puisse sonner comme un âge canonique pour un animal de seulement 1cm de long, ce n’est rien en comparaison des vingt ans d’espérance de vie observés en aquarium. D’autres signes de confort et de bonne santé sont absents, comme la reproduction, pourtant très facile en captivité.

La NASA derrière les boules?

On dit souvent que ces écosphères ont été développées par l’agence spatiale étasunienne en tant qu’écosystème autonome. L’origine de cette affirmation est difficile à trouver mais la NASA s’est bel et bien intéressé à nos crustacés. Dans le cadre d’une expérience éducative, une écosphère cylindrique a été envoyée sur la Station Spatiale Internationale en février 2001. Divers groupes d’étudiants au sol ont également maintenu ces crevettes pendant une durée de trois mois. Le but de l’expérience était d’étudier le comportement et le développement des crevettes et des escargots embarqués en microgravité. Il n’est donc pas ici question du développement de l’écosphère, ni d’une durée très longue (H. rubra peut parfaitement se passer de soins pendant seulement trois mois).

L’Autonomous Biological System (ABS) à bord de la Station Spatiale Internationale. Crédit: NASA.

Dans une thèse (de philosophie en microbiologie ??) étudiant la fiabilité et l’efficacité des écosystèmes fermés datant de 1993, Andrew Britain signale que l’agence spatiale et le gouvernement ne sont pas spécialement intéressés par le résultat de ce genre d’expériences, à la différence de l'(ex)URSS et de certaines compagnies privées. Il signale une expérience commencée en 1982 par Hanson et Folsome, avec des crevettes toujours vivantes 10 ans après que leur aquarium ai été scellé, mais l’essentiel des travaux des chercheurs semble se concentrer sur le microcosme des sédiments marins, pas sur les Halocaridina.

Biosphere II, une tentative de recréer un écosystème fermé par l’entreprise Space Biosphere Ventures. Par Colin Marquardt.

Il semblerait bien que la NASA ne soit que peu ou pas impliquée dans le développement de ces boules scellées, mais qu’elles soient le sous produit de la recherche fondamentale en écologie. En effet d’après le site officiel d’eco-sphere, c’est Loren Acker qui aurait remarqué une des fioles de Hanson et en aurait récupéré le brevet. L’écosystème vendu est en effet autonome plusieurs mois si on s’en occupe bien, mais il n’est pas prévu pour tenir plusieurs années (contrairement à ce qui est prétendu par les vendeurs). Que certaines écosphères aient en effet tenu plus de 10 ans n’est pas un gage de fiabilité, pas plus que la survie de certains poissons rouges plus de deux mois dans une boule ne soit un gage de fiabilité de ces dernières.

L’ŌpaeʻUla dans la nature

Mais alors, d’où vient cette étrange crevette et pourquoi est elle si résistante? Pour répondre à cette question il faut se rendre à Hawaï. La légende raconte que sur l’ile Maui vivait une belle femme appelée Popoalaea. Son mari, le guerrier Kakae était suspicieux et violent, rendant la vie de sa compagne impossible. Un jour, Popoalaea s’enfuit du domicile avec une autre femme et elles se cachèrent dans une grotte dont l’entrée était dissimulé dans un trou d’eau.

Une mare anchialine. National Park Service.

Kakae chercha longtemps sa femme et mobilisa tout ses hommes, mais les deux fugitives se cachaient de jour dans la grotte et cherchaient à manger la nuit, le temps de trouver un moyen de quitter l’île. Un jour il surprit les deux femmes alors qu’elles sortaient de l’eau et les tua. L’eau se teint de rouge et depuis lors, tout les printemps à la période où le meurtre a été commis, la marre se remplis de sang!

Halocaridina rubra dans son environnement naturel. National Park Service.

Et c’est bien comme ça que les Halocaridina rubra apparaissent: dans les trous d’eau, de façon saisonnière et surnaturelle, rendant l’eau cramoisie par leur multitude. Avant de disparaître à nouveau, sans laisser de traces. Ces trous d’eau ce sont les mares anchialines, creusées dans la lave poreuse et fissurée de l’archipel de Hawaï. C’est dans le sol des iles et sous les récifs qu’elles vivent, dans des eaux sombres à la salinité changeante, privées d’oxygène et de nutriments. Elles ne sortent que ponctuellement, profitant des algues et bactéries poussant dans les mares.

Ces mares anchialines sont aujourd’hui menacées. L’archipel est de plus en plus urbanisé, les mares sont comblées, transformées en piscines ou élevages de poissons. Mais même lorsque les crevettes semblent avoir disparues, il suffit qu’un nouveau creux se forme dans la roche, qu’une piscine soit abandonnées ou que les poissons aient disparus pour qu’en quelques mois, l’eau redevienne rouge. Car le véritable milieu de vie de l’ŌpaeʻUla n’est pas la surface, mais le socle volcanique fissuré de l’archipel et elles profiteront toujours de la moindre occasion pour ressortir au grand jour. Pourtant d’année en année les eaux se sont de moins en moins rouges et plus de 90% des mares ont été bouchées et ces étranges animaux sont de plus en plus en danger.

Sauvons les petites prisonnières!

J’écrirais bientôt une fiche de maintenance complète sur les ŌpaeʻUla, mais je vous en livre d’ors et déjà la conclusion: c’est vraisemblablement l’animal de compagnie le plus simple à maintenir ever, chez soi comme au bureau ou encore dans un cadre éducatif. Pourtant l’animal est difficile à trouver dans le commerce ou chez des particuliers. Les écosphères, pourtant inadaptées sur le long terme sont vendues très cher (~100€ pour ~15 crevettes à l’intérieur) et les rares éleveurs professionnels européens les vendent à un prix tout aussi rédhibitoires (ce sont justement les fournisseurs des fabricants de boules).

Si l’animal vous intrigue, il est je pense important de ne pas céder à la tentation et de boycotter ce commerce. Évitez également d’en acheter sur place, puisque ce sera généralement à la suite d’un prélévement dans la nature. Prenez votre mal en patience et tournez vous plutôt vers les rares éleveurs particuliers que l’on peut rencontrer, notamment en France.

J’aimerais remercier particulièrement Mustafa du site Petshrimp ainsi que l’équipe de Fuku-Bonsai, deux sites vendant cette espèces de crevettes mais militant également pour des conditions de maintenance correctes et proposant de la documentation sur le biotope et les légendes associées aux ŌpaeʻUla.

Les chromosomes en pagaille de l’hydrobie des antipodes

Chacune de nos cellules contient un  double jeux de chromosomes (2×23), chaque paire contient un chromosome hérité de chacun de nos parents, dont les gamètes (ovule et spermatozoïde) ne possédaient chacune que 23 chromosomes non appareillés. On dit que nous sommes diploïdes (2×n chromosomes) et que nos gamètes sont haploïdes (1×n chromosomes).

Hydrobie des antipodes, observée en Autriche par Alexander Mrkvicka.

La majorité des plantes sont capables de polyploïdie (jusqu’à 24 576×n chromosomes dans certains tissus d’Arum maculatum), mais le phénomène est beaucoup plus rare et dramatique chez les animaux. Certains cas bénins de triploïdie existent chez les mollusques, les batraciens et les oiseaux, chez l’homme cela conduit à une maladie grave. La polyploïdie est la norme chez certaines espèces comme les rats-viscaches tetraploïdes ou encore le xenope. L’haploïdie l’est chez d’autres comme chez les mâles des abeilles, issus d’œufs non fécondés. Quelle n’a pas été ma surprise de découvrir qu’un des animaux que j’avais dans mes aquariums avait une ploïdie… Aléatoire!

Le faux bourdon n’a qu’un seul jeu de chromosomes. Par Waugsberg.

L’hydrobie des antipodes (Potamopyrgus antipodarum)est un minuscule escargot aquatique originaire de Nouvelle-Zélande, mais introduit sur toute la planète en tant que passager clandestin dans les ballastes des navires. Capable de s’adapter instantanément à sa nouvelle eau et se reproduisant à une vitesse folle il finit par étouffer les mollusques indigènes. En effet,  un seul individu est capable de se reproduire seul, pire, il naît avec une douzaine d’embryons déjà en gestation! Comme dans cette horrible création de Darren Cullen⇒

Ce phénomène où une femelle donne naissance à des clones d’elle même s’appelle la parthénogenèse est très courant notamment chez les mollusques. Mais généralement, toutes les femelles (ou tout les individus quand l’espèce est hermaphrodite) en sont capables, ce qui ne semble pas être le cas chez l’hydrobie des antipodes, seules les hydrobies triploïdes en sont capables. Et inversement, ces femelles parthénogénétique sont stériles et ne peuvent pas être fécondées par les rares mâles disponibles.

Coquilles de Potamopyrgus antipodarum, l’escargot invasif. Par Ziggurat

Plus étrange encore, ces mâles sont certes rares mais existent dans toutes les populations, alors que fatalement certaines souches ne devraient être constituées que de clones d’une femelle ancestrale… Il n’en est rien, 50% des souches issus d’une seule mère asexuelle finissent pas donner des mâles à hauteur de 5%. Le phénomène donnant naissance à des mâles dans les populations asexuelles ne semble pas encore connu… Mais ces mâles sont eux aussi triploïdes et produisent à la fois du sperme haploïde et diploïde. On considère généralement que les mâles triploïdes sont stériles mais ce n’est peut être pas le cas. Ces mâles pourraient donner naissance à de nouvelles femelles triploïdes et à des lignées sexuées, a condition qu’ils trouvent une femelle féconde, or les lignées asexuelles triploïdes ne devraient pas en comporter! A moins que le tableau ne soit toujours pas complet, puisque des analyses génétiques ont montré qu’il existait aussi de rares individus tetraploïdes. Ces individus pourraient être des mâles, des femelles sexuelles, des femelles asexuelles ou un mélange.

Certains Melanoïdes tuberculata seraient aussi triploïdes ou tétraploïdes. Par Benutzer Buchling.

Une famille bien compliquée donc chez ce minuscule mollusque. Mais ce ne sont pas les seuls, puisque les Melanoïdes et les autres thiaridés semblent également avoir une ploïdie très variable et des modes de reproductions divers. Cette complexité n’est pas encore très bien comprise, selon beaucoup les mâles devraient disparaître car ils coûtent cher en ressources à produire pour un bénéfice difficile à mettre en évidence.