Identification de quelques algues rouges

En attendant de recevoir quelques lettres contenant des échantillons d’algues je vais revenir sur quelques identifications que j’ai faites dans le passé ou sur d’autres supports que ce blog. Après avoir fini l’article, je me suis rendu compte que toutes ces algues étaient des algues rouges, appartenant au taxon des Rhodophytes comme les algues nori.

Une algue encroûtante rouge

Commençons par cette belle algue rouge orbiculaire qu’un membre du PiNC a trouvé sur des cailloux, dans le bassin du Rhône. D’aspect granuleuses et légèrement visqueuse elle recouvre entièrement les cailloux et dans l’aquarium elle a fini par migrer sur les vitres. Rare en aquariophilie, cette algue n’est néanmoins pas inconnue. Elle apparaît généralement lorsque des pierres ramassées dans la nature sont introduites dans l’aquarium. J’en avais justement observé dans un aquarium à piranhas à la Porte Dorée.

L’algue a été introduite sur des galets.

J’ai reçu par la poste voilà un an un de ces cailloux. Je l’ai toujours, l’algue est toujours dessus, mais elle n’a pas encore migré sur d’autres supports ce qui aurait permis de l’observer au microscope (la pierre n’est pas assez plate pour cela). Je signale que les deux photos précédentes sont trompeuses, l’algue a vraiment une couleur lie de vin. Ma photo prise à la Porte Dorée sera plus fidèle.

Une belle croûte lie-de-vin dans le bac des piranhas à l’aquarium de la Porte Dorée.

Des algues rouges (rhodophyte) encroûtantes en eau douce, il n’y en a pas des masses et deux hypothèses se sont imposées: Hildenbrandia ou Pneophyllum. Cette dernière a été écartée car notre spécimen n’a aucun relief au toucher alors que, proche des algues corallines d’eau de mer, Pneophyllum devrait produire des bourrelets calcaires et virer au rose.

Reste alors le genre Hildenbrandia dont l’espèce H. rivularis est courante dans les régions tempérées. Si l’algue est observée dans un bac d’eau chaude où si elle apparaît sur des pierres prises dans des rivières au climat plus chaud que le nôtre, H. angolensis (signalée notamment en Espagne) correspondrait plus. Ces espèces sont d’abord filamenteuses mais poussent couchées sur le substrat de telle sorte que les filaments fusionnent pour recouvrir entièrement ce dernier. Elles ne sont pas connues pour poser de problèmes en aquariophilie et sont plutôt décoratives. Elle aime les eaux courantes, oxygénées, chaudes, riches en calcium et un pH neutre à basique. Elle semble néanmoins se plaire aussi sans courant.

Je remercie Thomas Burel du groupe Facebook Quelle est cette algue? pour son aide dans cette identification.

La deuxième algue du jour nous vient du forum Aquachange. Elle est assez commune et apparaît sous la forme de gros poils raides et noirs poussant sur les feuilles des plantes directement soumises au rejet des filtres. Un aquariophile dont les Vallisneria et les Ceratophyllum se couvraient de ses petites griffes noires m’en a envoyé un échantillon il y a aussi un an.

Une algue sombre épiphyte.

Au toucher l’algue est caoutchouteuse, au microscope on découvre des filaments noduleux accrochés à la plante par un crampon de petits filaments courts et fins. Je l’avais identifié comme Compsopogon cearuleus sans en être convaincu à 100%.

Des filaments supportés par des crampons duveteux.

Récemment mes soupçons m’ont fait relire tous les documents que j’avais à ma disposition. En effet Compsopogon caeluleus est bien connu des aquariophiles sous le nom d’algue en cornes de cerf dont j’avais parlé dans cet autre article (lien). Les algues en corne de cerf peuvent former des buissons de grande taille avec des filaments de près de 2mm de diamètre, difficile d’en rapprocher avec certitude ces petits filaments non ramifiés avec certitude.

Compsopogon caeruleus poussant sur une feuille.

Une autre hypothèse a commencé à germer. Lemanea est une autre algue « rouge » qui pousse sous la forme de filaments non ramifiés, noduleux, attachés à son substrat par un crampon de cellules duveteuses, le stade Chantransia et poussant dans les rivières à fort courant. Lemanea est en outre annuelle et on pourrait s’attendre à ce que les filaments apparaissent et disparaissent au gré des saisons… Ce qui est exactement ce que l’aquariophile observe dans son bac. Mais un problème de taille (au sens propre) pose puisque toutes les espèces connues de Lemanea forment de longs filaments dépassant aisément les 10cm.

Depuis, je suis tombé sur la description de spécimens très semblable aux miens identifiés par erreur comme Lemanea puis redécrits comme Compsopogon. Aujourd’hui le genre Compsopogon n’admet qu’une seule espèce, très polymorphe et ma première identification était donc exacte.

Compsopogon tenellus extrait de Shao-Lun Liu et Wei-Lung Wang 2003.

On reste sur les rhodophytes avec cette algue rouge poussant sur une souche de palétuvier, présentée sur mon groupe Facebook d’aquariophilie naturelle. Elle se présente sous la forme de longs et épais filaments semblables à des cure-pipes bordeaux.

Une racine envahie d’excroissances pourpres.

Celle-ci, pas besoin de microscope pour l’identifier. Thorea hispida est une algue rarissime en aquariophilie, mais recherchée par les aquascapeurs. D’autres espèces proches existent, mais elles sont beaucoup plus rares et je n’ai pas encore le coup d’œil et les connaissances pour faire la différence. Il se trouve d’ailleurs que j’ai déjà croisé cette algue à l’aquarium de la Porte Dorée, accrochée au silicone du bac des piranhas.

Les piranhas ne semblent pas intéressée par cette algue ressemblant pourtant à un ver.

C’est une espèce difficile à observer dans la nature mais paraît-il très courante. Elle apprécie les rivières à l’eau riche et trouble, ce qui explique qu’elle soit peu observée. J’ai reçu par la poste une partie de ces filaments suite à la rupture d’un joint de l’aquarium contenant la racine colonisée. Les les ai collés au cyanoacrylate sur une branche de saule tortueux et je tente d’en faire la culture. Sans grand succès d’ailleurs puisqu’une partie de l’algue a été dévorée par mes Taïa naticoïdes.

Bientôt des lianes rouges dans ma petite jungle immergée?

Les rhodophytes sont rares en eau douce, mais sont nombreux en eau de mer. On les trouve généralement à des profondeurs où il n’y a plus assez de lumière pour les algues vertes. Les pigments auxiliaires qui leur donnent cette couleur chaude leur permettent de tirer profit d’une lumière plus faible et d’un spectre décalé vers le bleu. En eau douce on les trouve essentiellement dans les milieux ombragés où ils ont appris à jouer avec leur pigments pour prendre toutes les teintes du rouge au vert en passant par le bleu et le gris et tirer profit du moindre rayon de soleil.

Une algue parasitant les crevettes

Pour identifier correctement les algues que l’on m’envoie, je fais beaucoup de recherche documentaire, et je suis tombé sur un article japonais décrivant l’algue Cladogonium ogishimae parasitant une crevette Neocaridina denticulata. L’abstract est en anglais mais l’article est malheureusement en japonais, et je ne le parle pas. Heureusement, un autre article entièrement en anglais décrit la même algue parasitant une crevette du genre Macrobrachium.

Pourquoi je vous parle de cette horreur? Hé bien déjà parce que c’est mon blog et que je vous enquiquine, mais surtout parce que cette algue menace nos crevettes!

En effet, voilà déjà plusieurs années que l’on voit des photos de crevettes portant d’étranges excroissances vertes sur les pléopodes. Avec le temps, l’identité  présumée de ces parasites a évolué. On a d’abord pensé que c’était un champignon, puis ça a été identifié comme un protozoaire ellobiopsidae. Le problème est que les ellobiopsidés sont unicellulaires et très petits et l’anatomie ne semble pas concorder. Par contre cela colle bien avec l’algue observée par les Japonais.

Photos extraites de Kazuyo Matsuyama-Serisawa et al.

Chose étonnante, cette algue ne fait pas de photosynthèse. À la différence des autres algues elle ne possède pas de chlorophylle et n’a pas de réserves d’énergie sous forme d’amidon. Le reste de son anatomie est par contre typique des algues filamenteuses de l’ordre  des cladophorales. Mais alors, pourquoi c’est vert s’il n’y a pas de chlorophylle? Parce que bien que l’algue filamenteuse ne soit pas photosynthétique, les zoospores le sont. Ce sont ces zoospores, mobiles qui iront infecter de nouvelles crevettes.

Je n’ai (heureusement) aucun cas de Cladogonium ogishimae dans mon élevage, mais si l’occasion d’observer cette algue au microscope se présente je vous en verrais profiter.

Savoir que ce parasite est une algue verte et non un protiste ellobiopsidae est important, car cela permettra peut-être à l’avenir de trouver un traitement ciblé, efficace et bien sur, non toxique pour l’hôte.

N’hésitez pas à partager cet article. Si vous vous baladez sur des groupes anglophones, sachez que j’ai fait une version en anglais disponible ici.

Références:

Identification de mes algues à moi!

Mise à jour du 05/02/2018: Suite à l’achat d’un microscope numérique d’une bonne qualité, d’un peu d’aide extérieure et plusieurs heures de lecture et de comparaison, les identifications faites dans cet article ce sont révélées complètement caduques. Pour plus d’information, lisez mon dernier billet

Après avoir identifié les algues que l’on m’a envoyé par la poste, il serait peut-être bien que j’identifie les algues qui poussent dans mes propres aquariums!

Commençons par le plus évident, par l’algue que j’ai introduit moi-même dans le bac. Une racine de palétuvier est complètement recouverte d’une épaisse toison algale. C’est de la Marimo (Aegagropila linnaei). J’en avais deux boules qui avaient grossi au point que je ne savais pas quoi en faire, je les ai finalement ouvertes, étendues sur la racine et ficelées avec du fils à coudre. Pas d’identification à faire ici, mais il sera toujours intéressant de l’observer. De même pour la Chara, un macro-algue verte, pour laquelle je devrais attendre qu’elle me fasse des zygotes pour l’identifier.

De petites mottes de filaments se sont formés dans les mousses, ils sont très fins et légèrement brillants, comme de la ouate de polyester. J’avais identifié une algue semblable comme Pithophora. Par-ci par-là on peut voir quelques filaments fins, verts, avec des embranchements en Y, je les soupçonne d’être des Rhizoclonium comme ceux que j’ai identifié dans l’article précédent, bien qu’ils ne se présentent pas en grosses mottes. À certains endroits on peut voir de rares filaments ramifiés comme une feuille de fougère, ce sont des thalles de Cladophora glomerata [en fait Pithophora roettleri]

La Marimo recouvre une racine, mais on peut aussi voir une algue filamenteuse plus longue se tordre devant son ombre.

Les feuilles rouges de ma Ludwigia repens « rubin » et les thalles de ma flame moss sont couvertes de petits poils raides et fins. Ce sont sans doutes des Tribonema Rhizoclonium aussi. Pour finir, il y a de petites touffes de poils bruns et soyeux appelés algues pinceaux (ou black beard algae dans la langue de Shakespeare). Ce sont soit des Audouinella, soit le stade Chantransia de batrachospermales[C’est bien Audouinella].

L’algue pinceau se devine en violet. Devant elle à gauche on voit de fins filaments verts brillants et tortueux.

Sortons le microscope et observons! Commençons par la Marimo dont je vais arracher une petite touffe. Rien de nouveau chez cette algue, je vous partage une image prise il y a quelques temps déjà. De même pour la Cladophora glomerata.

Aegagropila linnaei, la Marimo.
Pithophora roettleri.

La deuxième algue que j’ai regardé au microscope a été la Tribonema Rhizoclonium et je confirme l’identification [raté du coup]. J’ai d’ailleurs réussi à faire une photo avec un grossissement supérieur où l’on voit beaucoup mieux la paroi cellulaire en H. [Ce sont juste des cellules vides]

Un bout de brin de Tribonema.

Puis je me suis tourné vers les petites pelotes de filaments très fins que j’avais pris pour des Pithophora. Au microscope je ne retrouve pas les akinètes caractéristiques de Pithophora, à la place j’ai un filament très lisse avec des cellules assez courtes.

De petites cellules? Pas d’akinètes?

En remontant un des filaments je suis arrivé à un fragment cassé et là surprise, une paroi cellulaire en H! Alors, on a deux fois Tribonema dans des formes différentes? Que neni, le vert plus franc, le filament long et flexible et les cellules courtes m’orientent plutôt vers Microspora, une algue très semblables, mais une véritable algue verte pour le coup. [Raté, c’est encore Rhizoclonium!]

J’ai finalement jeté un œil à l’algue en pinceaux. Sans surprises, ce sont de longs filaments rosés… Mais ils sont lisses, on ne voit aucun organe reproducteur. Ce n’est donc pas une Audouinella mais le stade Chantransia d’une algue rouge, sans doutes Batrachospermum. Je ne sais pas si toutes les algues pinceaux en aquarium sont des Chantransia, mais c’est la deuxième fois que j’en observe au microscope et que j’arrive à cette identification. De plus, l’aquariophile Jerome Entwisle a fait analyser les algues poussant dans son bac à piranhas en labo et ils ont été identifiés comme la forme diploïde de Batrachospermum macrosporum. Il faudra que j’observe plus d’échantillons pour en faire une généralité.
MàJ: la longueur des cellules et la couleur du filament penche plutôt pour Audouinella plus qu’un stade Chantransia. Ici sans doutes Audouinella hermannii, une espèce très courante dans la nature et identifiée en aquarium. Chantransia est macroscopiquement identique mais d’une teinte bleu verte à vert grisâtre.

Une touffe de fils lisses.
Pas d’organes reproducteurs visibles.
Même à fort grossissement.

En cherchant bien, j’ai trouvé quelques pelotes non pas vertes, mais presque blanches sur ma racine. Par acquit de conscience j’en ai prélevé une pour l’observer. Je m’attendais à voir à nouveau de la Microspora, mais cette fois colorée par les tanins de la racine. Qu’elle n’a pas été ma surprise en découvrant que c’était… Une Audouinella! Ici on peut clairement voir les bouquets de carposporanges. La couleur n’a donc rien à voir avec le support sur laquelle elle pousse. Est-ce la contrepartie diploïde de l’algue vue juste au-dessus? J’en doute, les deux formes d’Audouinella doivent normalement cohabiter dans la même touffe, car les spores des algues rouges, dépourvues de flagelles, voyagent mal.
MàJ: c’est probablement la même espèce que plus haut, mais avec plus de tetrasporophytes.

On peut remarquer sur la racine du fond une pelote d’algues grisâtre.
Des bouquets de carposporanges partout!

Passons aux algues filamenteuses qui se baladent çà et là qui auraient pu être des Rhizoclonium. MàJ: C’est en réalité Pithophora roettleri, une espèce qui a été difficile à identifier tant elle est polymorphe.

Vous trouvez l’article long? Moi aussi, mais je suis frustré de ne pas avoir retrouvé ma Pithophora [bah si je l’ai trouvé, mais je ne m’en suis pas rendu compte]. Mais c’est probablement parce que j’avais mal identifié une autre algue autrefois, quand je n’avais pas de microscope sous la main.

La plupart de ces algues vont très vite disparaître. Elles apparaissent régulièrement dans mon aquarium lorsque je laisse trop pousser mes plantes, puis disparaissent peu après le jardinage. Lorsqu’il y a trop de plantes, les algues semblent d’adapter plus facilement que ces dernières à l’absence de nutriments.

Identification d’une grosse boule d’algues!

Mise à jour du 05/02/2018: Suite à l’achat d’un microscope numérique d’une bonne qualité, d’un peu d’aide extérieure et plusieurs heures de lecture et de comparaison, les identifications faites dans cet article ce sont révélées partiellement caduques. Pour plus d’information, lisez mon dernier billet.

Les algues en eau douce, ça fait peur. Mais la peur vient généralement de l’ignorance. Voila un moment que je cherche à désacraliser le sujet des algues en aquariophilie en les étudiant et en les identifiant, car derrière des termes fourre-tout comme « algue filamenteuse » se cachent plusieurs espèces différentes. En mettant un nom dessus, on apprendra peut-être en accepter certaines, et pour celles qui sont définitivement nuisibles, on sera peut-être capables de leur trouver une parade efficace.

Une belle touffe d’algues qui étouffe la Fissidens fontanus.

Un membre du groupe Facebook que j’administre a publié les photos des algues qui sévissent dans son aquarium. J’en ai profité pour lui demander un échantillon qui est rapidement arrivé dans ma boite aux lettres. J’avais néanmoins fait une petite identification pifométrique à partir des photos car l’algue filamenteuse m’a fait penser aux Pithophora que j’ai déjà observé dans mes propres bacs.

Les algues prêtes à partir.

L’échantillon déballé, on remarque facilement qu’il y a au moins trois espèces d’algues différentes. La première se reconnait aisément à l’œil nu par ses épais filaments d’un bleu gris, branchus et de diamètre variable. C’est une macroalgue rouge connue chez les aquariophiles sous le nom de cornes de cerf (staghorn pour les mangeurs de burgers et rosbif) et sous le nom de Compsopogon caeruleus. Elle est présente en quantité limitée dans l’échantillon et a sans doutes servi d’ancrage à la masse de filaments verts.

Compsopogon caeruleus poussant sur une feuille.

La deuxième espèce ne pousse que sur les thalles de Riccia et Fissidens arrivés avec l’échantillon. Elle se présente sous la forme de poils raides, courts et perpendiculaire au support sur lequel elles poussent. Ce genre d’algues sont souvent identifiées (peut être à tort) comme Oedogonium à cause du site ivanov.ch qui les présente comme telles. Je n’ai aucune idée de leur identité, ce sera l’occasion de découvrir.

Des petits poils verts poussent sur la Riccia fluitans.

La troisième espèce est bien entendu la filamenteuse qui occupe une grande partie de l’échantillon. Les filaments ne sont pas franchement branchus (ce qui élimine Cladophora), lisses (ce qui élimine Oedogonium) et non glissants (ce qui élimine toutes les  zygnematacées comme Spirogyra). En raison de l’aspect et de la texture de coton mouillé de l’algue, je penche quand même pour un cladophorale, probablement Pithophora encore une fois ou peut-être Rhizoclonium, car je commence à avoir de sacrés doutes sur la première option.

Je commence par filmer de petits échantillons avec  mon « microscope numérique », un jouet acheté en brocante que j’ai réussi à brancher au PC. Les images sont floues et ne permettent pas d’identifier clairement les deux algues vertes. Je passe alors au microscope optique, la vue est parfaite mais la seule façon que j’ai trouvée pour vous les partager a été de coller ma webcam à l’oculaire du microscope. L’image est très dégradée, il faut donc imaginer certains détails que je voyais clairement à l’œil.

Les gros filaments (rosâtres ici) de l’algue en cornes de cerf.

MàJ: Il s’agit de Rhizoclonium tout comme la touffe verte (voir en bas)[L’identification des poils épiphyte ne se fait pas attendre. Certains filaments, cassés, révèlent des parois cellulaires fines,  en deux pièces et en forme de H. C’est une algue du genre Tribonema et surprise! Ce n’est pas une algue verte, mais une algue « jaune-verte » ou Xanthophycée. Elle appartient donc à la lignée brune, plus proche des algues brunes et rouges que des algues vertes. Il est probable que ce ne soit pas la seule algue à pousser en épiphyte que les plantes, d’autres seront sans doutes à identifier.]

Les filaments de Tribonema Oedogonium cassés se terminent par une demi-cellule vide.

L’identification de l’algue filamenteuse a été à la fois plus longue et plus facile [pas si facile que ça visiblement]. Les filaments sont très longs, non branchus et lisses. Pithophora caractérisé par de nombreuses et larges akinètes noires (des réserves de nutriments) est écarté. En remontant les filaments j’ai trouvé des segments ou l’algue fait un coude et à ce même endroit se situe un rhizoïde. Cette structure est assez caractéristique de Rhizoclonium. J’ai également trouvé de petites sphères poussant au bout de certains filaments. Peut-être une sorte d’akinète ou un organe reproducteur.

De longs filaments verts et lisses…
… Parfois coudés avec un rhizoïde…

Alors, quelle analyse puis-je tenter de faire après cette série d’identifications? Rhizoclonium est, comme beaucoup d’algues vertes, une opportuniste ayant les mêmes besoins que les plantes qui profitent de la faiblesse des plantes pour s’installer. Un brossage régulier et une bonne santé des plantes devraient permettre de s’en débarrasser sur le long terme. Rhizoclonium pousse aussi sur les plantes lorsque celles-ci sont soumises à une lumière trop intense pour leurs besoins, j’aurais donc tamisé l’éclairage. La présence de Compsopogon est plus coton à interpréter. Elle a peut-être poussé dans le Rhizoclonium, profitant de la lumière que cette dernière a filtré et appauvri. Peut-être aussi que l’éclairage de l’aquarium est trop décalé dans le bleu [c’est le cas, problème récurent des rampes Chihiro], ce qui profite à Compsopogon et sa chlorophylle booster aux caroténoïdes.